jeudi 17 janvier 2013

Tonio Kröger - Thomas Mann

Après un mois à penser à ce projet, il me semble qu'il est enfin temps de le mettre en œuvre. Recenser mes lectures de l'année et surtout - n'est-ce pas le plus intéressant ? - les faire partager, résumé, opinion et citations comprises. J'ai maintenant un mois de livres à rattraper et, les vacances n'aidant pas, me voilà avec une dizaine d'ouvrages à recenser sur le blog. Le premier étant 

Tonio Kröger de Thomas Mann


La famille Mann. Heinrich, Klaus, Erika...Tous écrivains. Le don se passe de père/mère en fils. L'envie, aussi. La façon de vivre l'art, surtout. Et c'est certainement ce qui m'a le plus marqué dans cet ouvrage, reconnu comme en grande partie autobiographique qu'est Tonio Kröger : cet aspect dramatique du monde humain. Se sentir proche sentimentalement du protagoniste, et croiser ses doigts et tirer des jupes en même temps que lui.
Selon Wikipedia, le texte se divise en deux parties : Tonio, enfant-adolescent, voue une fascination pour deux de ses camarades à qui tout l'oppose, puis adulte lors de son retour vers ses terres d'origine où ils retrouvent, sans préavis, ces deux amis d'enfance après des années sans se voir. Me voilà en désaccord. Le pivot de ces deux parties, une discussion vibrante avec une de ses amies de Munich où il s'est rendu à l'âge adulte, me semble être une partie en soi. Si ce n'est la meilleure, ou la plus vivante et vraie.
Tonio Kröger, pris comme une nouvelle autobiographique, nous en apprend beaucoup sur la vie et les obsessions de son auteur - obsessions que l'on retrouve dans d'autres de ces œuvres. J'en profite pour rendre hommage à un ami qui porte haut dans son coeur un film tiré d'une nouvelle du même Thomas. Mort à Venise, du même titre que le texte, de Visconti. You gotta check dat. Les troubles de la sexualité, la mélancolie omniprésente, l'art comme point central de la valeur humaine, ...
Avoir débuté l'année sur cet ouvrage fut un bon présage littéraire, mais un terrible présage si je dois en déduire une mélancolie crevante. En espérant une douce aurore pour l'année, je vous laisse avec l'un de mes passages favoris de l’œuvre :

"J'aimerais dormir, mais tu dois danser." Il le connaissait si bien le lourd sentiment d'une septentrionale mélancolie et d'une malhabile profondeur qui s'exprimait dans ces mots. Dormir....Aspirer à vivre simplement et pleinement pour le sentiment qui, doux et paresseux, sans être obligé de se convertir en action et en danse, trouve sa fin en soi, et cependant danser, être forcé d'exécuter, avec habilité et présence d'esprit, cette difficile, difficile et dangereuse danse de l'art, sans jamais oublier complétement combien il est humiliant et absurde de danser alors qu'on aime. 

Que pensez-vous de cette rubrique ? J'ai très envie de faire de ce blog un recensement et un répertoire d'avis sur différents objets culturels (livres, films, artistes, jeux vidéos...). Si vous avez des avis ou des conseils, je suis toute ouïe !