dimanche 16 décembre 2012

Irish Journey.


« I've only been to Ireland once, 
and I felt I would wake up with voices in my head,
almost like music, and that if I were a songwriter,
I would be very inspired. »
Morrissey.

Cet été, l'Irlande m'a ouverte ses portes et je pense qu'il est temps que j'en parle quelque part de façon plus approfondie que mes commentaires habituels et concis. N'étant pas encore, à regret, une grande globe-trotteuse, je n'ai pas fait énormément de voyages et encore moins à l'étranger. Mais celui-ci était sans hésitation le plus .. inspiring. Après être arrivée à Dublin en avion - et quel étrange instant que celui qui suit l'atterrissage, où tous les sons semblent irlandais, profondément irlandais, même dans les bruits des talons de chaussures noires -, je suis restée dans la capitale quelques jours. Et peut-être était-ce à cause de la pluie, des nuages gris, ou le fait de ne pas avoir visité le port de Dublin, mais je n'ai pas tant apprécié cette ville. Par contre, Galway fut la plus remarquable, variée et incroyablement empreinte de ce que j'imaginais de l'esprit de l'homme bon : les gens étaient tous très souriants, très avenants, je n'ai pas croisé une seule personne triste de tout mon séjour à Galway. Le séjour s'est fini dans un petit village, proche des falaises de Moher. Après avoir marché toute une journée sur la côte entre le village et le site touristique officiel pour rejoindre les falaises, je me souviens de ce sentiment de délice intérieur : j'avais bravé toutes mes forces physiques, j'avais atteint le bout du bout et je l'avais surmonté, j'avais croisé Dieu entre deux nuages ! J'ai tant de souvenirs de cette marche, et de l'Irlande de façon générale. Je ne partage que succinctement ici car beaucoup de mes souvenirs sont des petits trésors que je voudrais garder secrets encore quelques temps. Mais tout de même, des photos,  et une vidéo compilation des falaises de Moher très prochainement si cela intéresse certains ! 

Dublin





Galway








Doolin








Moment inoubliable : You raise me up.







mercredi 5 décembre 2012

Dance on my skin


« Dance little girl before transformed nature awakes in numeric platonic wonder world. »

Mi and L'au, ou la découverte de la journée. Qui eut cru qu'une finlandaise et un français se rencontrent à Paris et passent ensuite plusieurs mois de leur vie ensemble dans une petite cabine des forêts de Finlande avant d’atterrir à Valence pour enregistrer des mélodies venues de Neptune ? (Ne mentez pas.) Le son proposé par ce duo popfolk est complètement doux, frappant de ses caresses sur l'oreille. On sent le cosmos qui nous rentre par le creux d'une bouche entrouverte. 
Leur dernier EP If beauty is a crime est.. un crime. Un agréable crime, blanc comme les joues des poupées fatiguées. Le son électronique est froide et aiguisée ; on s'allonge sur le carrelage d'une grande salle de bain, on ferme les yeux et on se laisse mourir d'une mince mort. Et pourtant -je vous l'assure- c'est agréable comme un printemps qui éclot.
Et ce même printemps se retrouve déjà dans leur premier opus éponyme : ça vrille, et les feuilles naissent sur les arbres, et on danse en tournant autour de sa propre robe. C'est fantastique et ça s'allume comme un baiser.
Pour ma part, et je devrais pourtant faire partager If beauty is a crime, mais je me sens dans l'obligation de voir ailleurs, de vous montrer cet ailleurs : Dance on my skin. Et qu'on laisse ce grésillement délicat me brûler jusqu'aux os.


Ten boxes of medecine. 
Remember the two numbers. 
Let dry. They buried. Now fight. 
Rises are growing in the window.

Dance on my skin.

mardi 4 décembre 2012

#1

J’aurais voulu des attaches, des trombones humains
Désert de longs trains, des mains de lâches
J’aurais voulu – un instant seul – le ciel sous mes yeux
Des nuages vaporeux qu’on caresserait au sol

Idéalement, des sourires au bitume des nuits blanches
Et vos corps qui se lancent dans la masse où pourrir
N’est plus que pour moi ; hypocrisie croissante
Accompagne ma descente, pardon, excusez-moi

Comme mes yeux brillaient, comme les gens dansaient
Je n’ai plus rien que ces lambeaux de cils
Et le temps qui vibre dans mes tempes
Tout le monde s’enfuit dès qu’il en a la chance
- Andy.

Déambulations lilloises

J'ai une certaine fascination pour les paysages urbains. Et à mes heures perdues, je possède aussi un appareil photo de qualité moyenne mais tout à fait suffisante pour une profane de l'art pictural comme moi. Alors je prends des photos ridicules de choses splendides. Navrée.

Lille est une ville très agréable. Qu'on oublie les blagues sur les ch'tits, les welshs et autres maroille-maniaques (par pitié). Le centre est un petit délice d'un ancien temps ; j'aimerais pouvoir retranscrire ces briques rouges, ces murs jaunis et ces horloges rouillés comme d'autres l'ont fait avant moi - ici ou . Mais m'en voilà bien incapable. Voilà tout de même mes essais.

Barbieux, le plus beau parc de la métropole lilloise.
Les rues la nuit.
Beffroi de l'hôtel de ville, foggy day.
High-tech dreamcatcher dans le Vieux Lille.
Branches et craquelures.
 
Le jardin des plantes de Lille en agréable compagnie.

Fantastic et Lille

« Qui es-tu femme jamais dénombrée ? Tu es – es-tu ?
Les gens disent que tu serais -laisse les dire, ils ne savent pas comment
le clocher se tient debout.
Tu portes ton chapeau sur tes pieds et tu te promènes sur les mains,
Sur les mains, tu te promènes.
Hello, tes robes rouges sciées en plis blancs.
Rouge je t’aime, Anna Fleur, rouge, j’aime, de toi ! – Tu de toi, toi à toi
Je à toi, toi à toi, toi à moi – Nous ?
 Cela appartient (entre nous) à l’ardeur froide. »
Anna Blume - Kurt Schwitters.

Fantastic : un véritable moment de redécouverte d'une ville. Je vous conseille les ballets mécaniques de l'Opéra, qui auront lieu le 7 décembre ! Faites vite s'il reste encore des places, car le show parait prometteur ! Le grand bâtiment de l'Opéra sera réinvesti pendant quatre heures avec l'aide de l'ensemble Ictus, collectif musical originaire de Bruxelles, ainsi que du collectif Les cris de Paris.
Non seulement vont-ils s'accaparer les bruits de la ville moderne et la réutiliser, l'expérimenter dans un cadre voulu presque paradoxal, reprendre des oeuvres contemporaines musicales ou poétiques (Kurt Schwitters, grand esprit dada au demeurant - un article à venir sur le sir ?), mais aussi vont-ils croiser à tout cela des partitions "historiques", du moins intemporelles ! Drumming de Steve Reich, least but not last.
Pour plus d'informations, il suffit de se rendre sur cette page de présentation (en cliquant) et de lire simplement ce qui est écrit. Pour ma part, je vous laisse avec quelques photographies d'événements Lille Fantastic qui m'ont plu. Je rajouterais l'oeuvre d'EuraLille que je n'ai malheureusement jamais pu prendre en photo, mais que je vous conseille activement.

Gare Saint Sauveur : nouvel espace.
L'OVNI de la gare Lille-Flandres.
La Cathédrale Notre-Dame de la Treille, fleurie.

La dentelle fine de la rue Faidherbe.

Le cirque équestre avec Calacas

« L'indifférence du Mexicain devant la mort se nourrit de son indifférence devant la vie. »
Octavio Paz

Voilà quelques jours que j'attendais d'assister au spectacle du cirque Zingaro, monté et orchestré par Bartabas (oui, ça devrait beaucoup parler à la majorité d'entre vous). Mon premier spectacle équestre. C'est un peu démunie, sans véritablement savoir à quoi m'attendre que je me suis avancée vers l'enceinte du chapiteau, munie de mon brave badge VIP invité.

Mon chat : Modèle Félin.
En route pour l'aventure. C'est au son des maracas, des tambours, des rires macabres et des sabots équins que le spectacle se déroule. Ce dernier tout entier est définitivement tourné vers la vision mexicaine de la mort. En effet, outre-atlantique, dans le pays des nachos et des fajitas, la mort est très loin d'être appréhendée de la même manière qu'en Occident. Considérée comme une simple partie de la vie, une étape dans le cycle mort/renaissance, elle est défiée, amusée, appréciée, prise en rigolade ; bref, on se gausse bien des faucheuses et des petites squelettes - Les produits laitiers sont nos amis pour la vie. Pour tout dire, les mexicains aiment la mort comme une amie. Une véritable culture et surtout un mythe sont nés autour de ces calaveras, têtes de morts mexicaines. Et c'est autour de ce thème, de ce morbide agréable et presqu'enfantin que le spectacle Calacas va jouer. Mêlant esthétique, grâce, danse, technique et humour.

Les photos étaient interdites durant la représentation.
Alors j'ai pris la cloison.
L'ambiance est divine. On se sent en transe au rythme des tambours et cymbales joués à quelques mètres à peine de nos oreilles. Les chevaux, lentement, font le tour du chapiteau, derrière le public, tournant comme un cortège funèbre. Certains cavaliers, aux allures de membres du Ku Klux Klan, semblent tout droit sorti du sous-sol de la Terre pour revenir nous montrer le chemin vers la lumière. Le public, mi-étonné, mi-effrayé, a mis quelques minutes à accepter de se laisser bercer par ce côté plus sombre et plus macabre qui est pourtant en chacun de nous : la fascination pour la mort. Et on la voit qui danse, qui voltige, qui galope et qui rit, qui rit, qui nargue encore et encore. Plus calme parfois, posée sur une longue balançoire dont les hauteurs semblent couler tout droit du ciel, elle tourne. Lancinante. Inévitablement. Certaines scènes ainsi semblent traîner en longueur, lorsque les chevaux ne font que galoper pendant 5 minutes ; et pourtant. L'oeil se pose sur un détail, puis en trouve un nouveau, et encore un ici ou là. Chaque instant parait examiné et apprécié. Mais c'est vraiment le cheval qui anime le spectacle. Bartabas lui-même en a dit :  L’être humain, d’une certaine façon, disparaît. Il ne reste de lui que la structure. Celui qui a l’énergie vitale, c’est le cheval.


Source : Tapavu.blogspot.com
On croise donc des chinchineros, ces hommes-orchestres, à l'incroyable technique, mais aussi un Michael Jackson improvisé, un cavalier un peu repu, des danseuses, des mariés.. tous dans l'habit de post-Adam et Eve. Certains critiques ont été très déçus, en ne cessant de répéter la baisse de qualité entre ce spectacle-ci et les précédents. S'ils ont raison, je regrette de ne pas avoir assisté à ce qui a été fait avant, et me jetterais sur le prochain spectacle comme un zombie sur une cervelle. En attendant, ayant assisté à la représentation auscitaine et retournant à mes études lilloises la semaine prochaine, je ne vais me priver d'y retourner du 7 au 27 novembre à la Gare St-Sauveur (à deux pas de chez moi, et oui c'est ça la classe : le badge invité, la représentation presque à domicile, les meilleures places du chapiteau.. je vous apprendrais.)