mardi 4 décembre 2012

Le cirque équestre avec Calacas

« L'indifférence du Mexicain devant la mort se nourrit de son indifférence devant la vie. »
Octavio Paz

Voilà quelques jours que j'attendais d'assister au spectacle du cirque Zingaro, monté et orchestré par Bartabas (oui, ça devrait beaucoup parler à la majorité d'entre vous). Mon premier spectacle équestre. C'est un peu démunie, sans véritablement savoir à quoi m'attendre que je me suis avancée vers l'enceinte du chapiteau, munie de mon brave badge VIP invité.

Mon chat : Modèle Félin.
En route pour l'aventure. C'est au son des maracas, des tambours, des rires macabres et des sabots équins que le spectacle se déroule. Ce dernier tout entier est définitivement tourné vers la vision mexicaine de la mort. En effet, outre-atlantique, dans le pays des nachos et des fajitas, la mort est très loin d'être appréhendée de la même manière qu'en Occident. Considérée comme une simple partie de la vie, une étape dans le cycle mort/renaissance, elle est défiée, amusée, appréciée, prise en rigolade ; bref, on se gausse bien des faucheuses et des petites squelettes - Les produits laitiers sont nos amis pour la vie. Pour tout dire, les mexicains aiment la mort comme une amie. Une véritable culture et surtout un mythe sont nés autour de ces calaveras, têtes de morts mexicaines. Et c'est autour de ce thème, de ce morbide agréable et presqu'enfantin que le spectacle Calacas va jouer. Mêlant esthétique, grâce, danse, technique et humour.

Les photos étaient interdites durant la représentation.
Alors j'ai pris la cloison.
L'ambiance est divine. On se sent en transe au rythme des tambours et cymbales joués à quelques mètres à peine de nos oreilles. Les chevaux, lentement, font le tour du chapiteau, derrière le public, tournant comme un cortège funèbre. Certains cavaliers, aux allures de membres du Ku Klux Klan, semblent tout droit sorti du sous-sol de la Terre pour revenir nous montrer le chemin vers la lumière. Le public, mi-étonné, mi-effrayé, a mis quelques minutes à accepter de se laisser bercer par ce côté plus sombre et plus macabre qui est pourtant en chacun de nous : la fascination pour la mort. Et on la voit qui danse, qui voltige, qui galope et qui rit, qui rit, qui nargue encore et encore. Plus calme parfois, posée sur une longue balançoire dont les hauteurs semblent couler tout droit du ciel, elle tourne. Lancinante. Inévitablement. Certaines scènes ainsi semblent traîner en longueur, lorsque les chevaux ne font que galoper pendant 5 minutes ; et pourtant. L'oeil se pose sur un détail, puis en trouve un nouveau, et encore un ici ou là. Chaque instant parait examiné et apprécié. Mais c'est vraiment le cheval qui anime le spectacle. Bartabas lui-même en a dit :  L’être humain, d’une certaine façon, disparaît. Il ne reste de lui que la structure. Celui qui a l’énergie vitale, c’est le cheval.


Source : Tapavu.blogspot.com
On croise donc des chinchineros, ces hommes-orchestres, à l'incroyable technique, mais aussi un Michael Jackson improvisé, un cavalier un peu repu, des danseuses, des mariés.. tous dans l'habit de post-Adam et Eve. Certains critiques ont été très déçus, en ne cessant de répéter la baisse de qualité entre ce spectacle-ci et les précédents. S'ils ont raison, je regrette de ne pas avoir assisté à ce qui a été fait avant, et me jetterais sur le prochain spectacle comme un zombie sur une cervelle. En attendant, ayant assisté à la représentation auscitaine et retournant à mes études lilloises la semaine prochaine, je ne vais me priver d'y retourner du 7 au 27 novembre à la Gare St-Sauveur (à deux pas de chez moi, et oui c'est ça la classe : le badge invité, la représentation presque à domicile, les meilleures places du chapiteau.. je vous apprendrais.)


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