Les filles du botaniste de Dai Sijie
Dans les années 80, la Chine ressemble déjà socialement à son engeance actuelle. Min, jeune orpheline, se retrouve un jour acceptée pour un stage chez un botaniste de renom dans une contrée lointaine de la sienne, sur île, devenue jardin précieux ou jungle abondante. Cet homme érudit en matière de plantes en tout genre est très autoritaire, envers sa stagiaire, ses élèves et même sa propre fille, An. La belle et solitaire An se rapproche vite de la nouvelle arrivante en sa demeure. Mais elle n'est pas la seule enfant de la famille : bientôt, son frère revient du champ de bataille et tombe sous le charme de Min et décide, avec l'aide du père, de l'épouser.
On le devine facilement, les deux jeunes femmes vont se lier plus qu'il est convenu dans le monde rempli de tabous des années 80 dont nous ne sommes pas encore tout à fait sortis. Au-delà de la formation de ce couple homosexuel qui ne sait comment s'assumer aux yeux du grand public, ce film fut un énorme coup de coeur. Beaucoup de films traitent ce type d'histoires et c'est justement tout ce qui le différence de ceux-là qui l'élève à mes yeux.
La réalisation typiquement chinoise. Le calme qui s'échappe des gestes des différents personnages. La bande-originale langoureuse comme un voile de coton. Les univers visuels asiatiques sont vraiment, de très loin pour moi, préférables aux occidentaux. Bien que le film se déroule en Chine, le film fut tourné au Vietnam (ai-je besoin d'expliquer les raisons du refus chinois pour la réalisation d'un tel film ?) Mais le lieu n'est pas le point central. Dai Sijie explique lui-même :
« L'important tient dans les rapports qui lient les personnages. Même les rapports entre Cheng An et le botaniste sont très classiques : elle ne peut pas quitter son père ni son jardin. Lui le sait et s'en sert. C'est là une autre forme d'amour, de l'amour filial, que l'on rencontre dans toutes les sociétés et à toutes les époques. »
Le film va donc développer les relations entre les personnages -et non pas seulement entre les deux amantes- , dans une atmosphère de sérénité et pudeur asiatique mêlée à une sensualité féminine en accord avec les nombreux et magnifiques paysages qui encadrent et pointillent le long-métrage.
Qu'en avez-vous pensé, si vous l'avez vu ? Auriez-vous d'autres films à me proposer dans ce genre ou un autre ? Devenant peu à peu amatrice de cinéma, je suis vraiment intéressée par plus de découvertes en tout genre !
J'ai vu ce film à sa sortie en salle en 2006. J'étais encore assez jeune mais il m'a marqué positivement, pour les raisons que tu exposes.
RépondreSupprimerSi tu ne l'as pas encore vu, peut-être que "Printemps, été, automne, hiver... et printemps" de Kim Ki-Duk te plaira.
Et "Balzac et la petite tailleuse chinoise" de Dai Sije aussi (le livre et le film).
J'entends beaucoup parler de "Printemps, été, automne, hiver.. et printemps" depuis un an, il serait temps que je le regarde oui ! J'ai apprécié le second que tu me proposes en tout cas. Merci :)
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