The Grandmaster, Wong Kar-wai
The Grandmaster est le récit de la vie réelle d’Ip Man, maître légendaire de Wing Chun et futur mentor de Bruce Lee, dans la Chine des années 1930 jusqu’au début des années 1950, lorsqu’il commence à enseigner son art à Hong Kong. S'ajoute bien sûr à cela la vie de son entourage et de ses proches, comme de ses ennemis. Bien que le personnage centrale soit Ip Man, je reconnais avoir trouvé plus d'intérêt dans son homologue féminin, Gong Er, fille de l'ancien maître cédant sa place lors du tourni (comme le montre la bande-annonce, vite vite regardez !).
Des efforts intenses ont été produits par l'ensemble de l'équipe du tournage, la réalisation du film ayant durant sept ans. Les acteurs ont suivi des entraînements draconiens, preuve en est Tony Leung, l'acteur interprétant Ip Man, a été envoyé à l’hôpital à cause d'une blessure importante lors de son apprentissage dans un combat face au fils d'Ip Man lui-même !
Le film prend toute grâce à mes yeux non pas pour son scénario - somme toute assez banal bien que finement montée et qui, grand dieu, s'essouffle complètement pour ne pas dire s'éteint durant les trente dernières minutes - mais bien pour l'esthétique, la prouesse technique, le travail de l'image.. La bande-annonce donne un avant-goût assez distinct. Ce film se regarde comme un ensemble de tableaux de maîtres : il faut apprécier chaque trait de pinceau, c'est un délice. Comme le disait une review sur Rue89 : "Les scènes, décors et combats atteignent un niveau de perfection qui frise l’extase, tandis que la maîtrise de la caméra, des ambiances et des couleurs porte l’œuvre à un stade quasi calligraphique. On comprend vite que pour le réalisateur, dans la plus pure tradition zen, la perfection réside dans le détail. Malheureusement, l’enchaînement de scènes – aussi grandioses soit-elles – peine à faire oublier un récit décousu qui perd toute consistance dans la dernière demi-heure du film." Nous voilà tout à fait d'accord, Philippe Vion-Dury !
Pour autant, c'est un film que je recommande à quiconque trouve de l'intérêt dans la beauté et la précision de la réalisation. C'est un spectacle incomplet qui, même en esquissant de façon très brouillonne des caractères et une histoire, n'en reste pas moins impressionnant et complètement prenant. Je n'ai personnellement pas vu le temps passer, accrochée aux gouttes qui ciselaient l'écran ou aux tissus ralentis sur les peaux. La magie du détail.
Pour une critique plus poussée et plus précise de l'oeuvre, je vous conseille d'aller ici, avec plus de détails sur la politisation du film et des rapprochements avec d'autres films de Wong Kar-Wai. Je trouve les remarques assez pertinentes, mais je n'ai pas assez de culot pour me les approprier.. Tant pis !
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