mardi 27 août 2013

Toulouse

Toulouse is talking to you..





mercredi 5 juin 2013

Les envoûtés, Witold Gombrowicz

Les envoûtés, Witold Gombrowicz

Le château enchanté de Gustave Doré. Lavis, plume et encre brune (1867).
Le roman de Gombrowicz propose une action en Pologne : chemins entrecroisés de joueurs de tennis semblables comme frère et soeur, riche héritier agonisant dans son château avec son secrétaire et son fidèle valet, une aristocratie vénale et désoeuvrée, un voyant aux dons miraculeux... Le château de Myslotch, gothique et hanté, permet de mettre en place une atmosphère sombre et énigmatique, proche des tableaux d'un William Turner en fin d'espoir, ou d'un Gustave Doré hâté. Les envoûtés s'entoure d'un lugubre château, des brouillards dans une forêt sombre, des souterrains, des fosses, des fantômes, des esprits malins.. se rapprochant ainsi des stéréotypes du roman d'épouvante

Les envoûtés est un ouvrage publié dans la jeunesse de l'auteur Witold Gombrowicz, qui l'appelle lui-même un "mauvais roman alimentaire" à paraitre dans un feuilleton populaire durant l'été 1939, le reniant ainsi jusqu'à quelque jours de sa mort :  «Je suis néanmoins porté à croire que cette idée de "mauvais roman" fut l'apogée de ma carrière littéraire - jamais, ni avant ni après, je n'ai conçu d'idée plus créatrice.» On retrouve dans ce "roman alimentaire" certaines qualités indéniables : mes amours pour la sociologie et la psychologie m'assènent d'injonctions pour mentionner la notion d'identité développée au fil des pages. Dans cette société polonaise moderne, étant portée par des classes cloisonnées - aristocratie et noblesse, milieux populaires voir pauvreté -, on observe les mélanges observés par des mondains arrogants et leurs penchants bestiaux (Maya, tout particulièrement). L'ambition sociale et l'importance de la réussite, fut-elle professionnelle, maritale ou de réputation, sont des éléments primordiaux pour l'analyse psychologique et le développement des caractères ici présents. Maya et Walczak, joueuse de tennis mondaine et montante et son entraineur attitré issu des classes populaires, se retrouvent donc tout le long du roman apparenté, frappant de ressemblance, dans leurs expressions, leurs réactions... si l'un est capable d'une chose, l'autre aussi et sans doute plus. Le cercle est ouvert.  Mais cette « troublante parenté de leurs natures, [...] comme si leurs mouvements obéissaient aux mêmes mystérieuses lois » semble se refermer sur eux au fur et à mesure que la lecture se prolonge. 

Le champion de tennis Baron Gottfried von Cramm et sa femme Lisa von Dobeneck. (1930)
L'auteur a tout de même bien du mal à aller jusqu’au bout du genre fantastique, le dénouement faisant appel à une rationalité exemplaire : et c'est là sans doute ce qui m'a le plus plu. L'ensemble montre l'importance de la pression et de l'imaginaire sur des événements simples et inoffensifs, le besoin de se créer un enjeu divin, surnaturel, pour se rassurer et dépasser sa nature d'homme - de simple homme, devrais-je dire. Le voyant Hincz est donc la cible de nombreuses railleries sous-entendues qui donne cet aspect dément au personnage, malgré toute sa bonne volonté et ses bons sentiments. Comme le professeur, il est un homme simple, guidé par ses émotions et ses valeurs, et réussissant par son envie plus que par ses dons. Le romancier semble avoir réduit les fantômes au tissu qui leur sert traditionnellement de cosmétique, objet matérialisé et central du château hanté, dans la Vieille Cuisine, siège des fantasmes et des fantômes du château de Myslotch. Le démon blanc dans sa cuisine blanche semble hanter les visiteurs et le prince. Il fait peur par inconvenance, par obstination, ramenant les instincts apeurés de l'Homme au premier plan du récit.
Il me fallut un certain temps pour m’apercevoir que le prince cachait quelque chose. Il avait peur. La nuit, il ne pouvait dormir et venait rôder dans les parages de la Cuisine sans jamais y entrer. Il tournait autour toujours à distance. Parfois il laissait entendre qu’il se passait quelque chose, mais je pensais qu’il divagait. Jusqu’au jour où il vint me trouver : « Grégoire, me dit-il, je vais vous montrer quelque chose, mais n’en parlez à personne. » Il me conduisit à la Cuisine, ouvrit la porte, mais resta sur le seuil en m’indiquant la serviette : « Quel courant d’air ici ! Voyez comme cette serviette remue… car elle remue, n’est-ce-pas ? »

Malgré quelques lourdeurs de style qui m'ont agacé à la lecture (je ne compte plus le nombre de sous-entendus sur la ressemblance du triangle Maya - François - Walczak, par exemple), le récit se lit comme un conte, nous happe comme un film nous plongerait en lui et l'ensemble est délicieux, exposant les tendons - d'Achille ? - de l'âme humaine de façon délicate et ironique par instants. Ne vous laissez pas repousser par les 400 pages, passer le torchon sur la table en vaut la chandelle.

vendredi 17 mai 2013

Nausicaá, aquarium et musée de la mer, Boulogne-sur-mer

Nausicaá, ou le calme de la mer.  



Voilà ma propre petite vidéo de mon passage à Nausicaá. Ce centre national de la mer est un musée et un aquarium public, doté de nombreuses annexes comme des explorations sous-marins, une médiathèque spécialisée dans l'univers aquatique, des expositions temporaires, des conférences, des animations... faisant du centre un lieu de culture scientifique et technique de découverte de l'environnement marin.
Fascinée par la mer depuis des années, il était temps que j'aille visiter le lieu qui se trouve (relativement) proche de mon lieu d'étude. Après un trajet agréable avec des amies direction Boulogne-sur-mer, notre premier lieu pour gambader fût la plage, mitoyenne au bâtiment qui renferme le musée Nausicaá. On la retrouve assez souvent visible à travers les vitres de l'établissement, permettant ainsi aux jeunes errants du sable d'apprécier une vue sur les poissons tropicaux ou encore le bassin des lions de mer :

Source : Page Nausicaá du site TripAdvisor.
 La variété d'animaux présents est impressionnante et je comprends pourquoi certains considèrent Nausicaá comme l'un des plus grands aquariums d'Europe. La visite moyenne estimée par le domaine est de deux heures et demie, mais je reconnais y avoir passé presque quatre heures, éblouie comme une enfant. Point positif du centre national de la mer : la possibilité de sortir du musée pour prendre son déjeuner, dégourdir ses jambes sur le sable, ou simplement fumer une cigarette, puis de pouvoir rentrer à nouveau sans payer et sans attendre vingt minutes pour vérifier que vous êtes bien un visiteur. Cela faisait quelques temps que je n'avais pas connu un lieu proposant ce service et je dois admettre que c'est un énorme plus, surtout pour ce genre de visites. 

De nombreuses choses à voir donc, et malgré l'énorme présence d'enfants et d'enseignants (éduquer les bambins c'est une très bonne chose, mais ne me faites pas croire que je suis la seule à trouver désagréable ces petits qui nous courent dans les jambes et qui ne sont vraiment pas discrets, voir qui tapent sur les vitres pour faire paniquer les mignonnes bêtes dans leur eau..!), le lieu peut être très reposant. L'eau a toujours eu cet effet sur moi, tout du moins. Et l'architecture et l'esthétique du lieu aident beaucoup à préserver cette sérénité de la mer.




Si Nausicaá vous intéresse, c'est par ici pour plus de renseignements pour préparer votre visite : http://www.nausicaa.fr/preparer-sa-visite.html (Si vous n'habitez pas tout près, mais dans la région, la petite astuce, c'est le Pack TER proposé, permettant de payer les billets de TER et la place, ce qui peut vous faire quelques économies selon le tarif qui vous correspond !)

dimanche 12 mai 2013

Richard & Alice - indie game


Il est grand temps de parler de jeux vidéos sur ce blog, m'est avis. Fut un temps où j'avais honte de pouvoir passer des heures et des heures, alerte devant mon écran, à jouer des personnages et des histoires dans des lieux virtuels. Mais c'était il y a quelques temps, et tout cela a bien - un peu - changé. A défaut de vous parler de Dreamfall : The Longest Journey, petit miracle cher à mon coeur, je vous présente ici un jeu indie sorti en février 2013, tout fraichement sur vos écrans !

Richard & Alice est un jeu d'aventure 2D très simplement réalisé au niveau graphique. En surfant ainsi sur le buzz de To the Moon, R&A ne devrait pas tarder à se faire une place confortable dans le top indie games de l'année.

Richard et Alice se retrouvent voisins de cellules en prison, l'un pour avoir déserté des forces armés, l'autre pour meutre. Tandis que le monde extérieur ne connait que la neige depuis des années, leur intérieur est plutôt bien chauffé et accommodant, dans cet univers les gens dehors sont prêts à s'entretuer pour des vivres ou des médicaments. Les plus riches sont dans des zones, plus sécurisées. Les autres... la loi du plus fort. Le monde devient donc un endroit isolé et désespéré, excuse au chaos social.


Les deux personnages se lient donc dès le début du jeu, Richard n'ayant eu de compagnie depuis quelques mois. On apprend ainsi, par le biais de nombreux flashbacks où le joueur incarne Alice l'histoire de la jeune femme et de son fils Barney : pourquoi est-elle en prison, qui est-elle, et où se trouve sa famille ? Richard, quant à lui, se retrouve cerveau du duo souhaitant s'évader pour retrouver liberté et famille.

Bien que très prévisible au niveau de l'histoire, le gameplay est très simple, la bande originale est très douce et bien pensée, les personnages sont creusés, et le jeu haletant. On devine très vite comment tout cela va se finir, mais ce n'en est pas moins une belle aventure et une expérience post-apocalyptique intéressante. Des réflexions sur la nature humaine - dévastatrice et chaotique en ces temps difficiles - côtoient les touches d'humour qui scellent une amitié presque clandestine. Il n'y a pas de réel antagonistes ou vilains à combattre dans ce jeu, simplement des gens ayant survécu au froid et désormais prêts à accomplir des choses jugées horribles pour survivre. Bien qu'Alice ait rencontré beaucoup d'horreurs avant d'arriver en prison, le jeu suggère toujours, plus ou moins implicitement, d'autres points de vue, explicitant ce besoin de survivre et de faire certains sacrifices..


Alors, bien entendu, ce jeu n'est pas pour vous, si vous désirez un graphisme idyllique, des zombies à tuer ou beaucoup d'actions : il s'agit surtout, comme dans To the Moon précité, d'un intérêt pour l'histoire, pour les personnages. Les dialogues rythment Richard & Alice, plus que les réelles actions ou les énigmes, souvent assez simples à résoudre. Par ailleurs, et malgré la courte durée du jeu, il est important de savoir qu'il y a différentes fins possibles ; auquel cas, sauvegarder régulièrement et refaire certains passages pourraient vous aider à poser un oeil complet sur l'ensemble du jeu. Toutes les fins ont quelque à offrir au joueur, en matière de conclusion, d'histoire ou de sensibilité.

Avez-vous d'autres jeux à me conseiller ? Avez-vous aimé celui-ci, si vous y avez joué ?

vendredi 10 mai 2013

The Grandmaster, Wong Kar-wai : la magie du détail.

The Grandmaster, Wong Kar-wai



The Grandmaster est le récit de la vie réelle d’Ip Man, maître légendaire de Wing Chun et futur mentor de Bruce Lee, dans la Chine des années 1930 jusqu’au début des années 1950, lorsqu’il commence à enseigner son art à Hong Kong. S'ajoute bien sûr à cela la vie de son entourage et de ses proches, comme de ses ennemis. Bien que le personnage centrale soit Ip Man, je reconnais avoir trouvé plus d'intérêt dans son homologue féminin, Gong Er, fille de l'ancien maître cédant sa place lors du tourni (comme le montre la bande-annonce, vite vite regardez !).

Des efforts intenses ont été produits par l'ensemble de l'équipe du tournage, la réalisation du film ayant durant sept ans. Les acteurs ont suivi des entraînements draconiens, preuve en est Tony Leung, l'acteur interprétant Ip Man, a été envoyé à l’hôpital à cause d'une blessure importante lors de son apprentissage dans un combat face au fils d'Ip Man lui-même !


Le film prend toute grâce à mes yeux non pas pour son scénario - somme toute assez banal bien que finement montée et qui, grand dieu, s'essouffle complètement pour ne pas dire s'éteint durant les trente dernières minutes - mais bien pour l'esthétique, la prouesse technique, le travail de l'image.. La bande-annonce donne un avant-goût assez distinct. Ce film se regarde comme un ensemble de tableaux de maîtres : il faut apprécier chaque trait de pinceau, c'est un délice. Comme le disait une review sur Rue89 : "Les scènes, décors et combats atteignent un niveau de perfection qui frise l’extase, tandis que la maîtrise de la caméra, des ambiances et des couleurs porte l’œuvre à un stade quasi calligraphique. On comprend vite que pour le réalisateur, dans la plus pure tradition zen, la perfection réside dans le détail. Malheureusement, l’enchaînement de scènes – aussi grandioses soit-elles – peine à faire oublier un récit décousu qui perd toute consistance dans la dernière demi-heure du film." Nous voilà tout à fait d'accord, Philippe Vion-Dury !

Pour autant, c'est un film que je recommande à quiconque trouve de l'intérêt dans la beauté et la précision de la réalisation. C'est un spectacle incomplet qui, même en esquissant de façon très brouillonne des caractères et une histoire, n'en reste pas moins impressionnant et complètement prenant. Je n'ai personnellement pas vu le temps passer, accrochée aux gouttes qui ciselaient l'écran ou aux tissus ralentis sur les peaux. La magie du détail.

Pour une critique plus poussée et plus précise de l'oeuvre, je vous conseille d'aller ici, avec plus de détails sur la politisation du film et des rapprochements avec d'autres films de Wong Kar-Wai. Je trouve les remarques assez pertinentes, mais je n'ai pas assez de culot pour me les approprier.. Tant pis ! 

mercredi 8 mai 2013

Mud, de Jeff Nichols

Mud, Jeff Nichols


« S'il travaille par endroits la matière sèche et troublante de ses premiers films, Nichols vise ici - et atteint parfois - l'évidence des grands récits classiques.» - Les fiches du Cinéma.

Coup de coeur en perspective, as well ! Le réalisateur de Take Shelter, Jeff Nichols, vient de sortir un tout nouveau film et c'est un délice d'une finesse étonnante. Qui fait l'unanimité (allez jeter un coup d'oeil aux critiques presse d'Allocine : on se croit en plein ciel nocturne d'août, avec toutes ces étoiles).

Ellis, jeune garçon du Mississippi, vit avec ses parents, dont le couple bat de l’aile, dans le bayou. Il aime ce lieu sauvage, qu’il explore avec Neckbone, son ami de la ville. Après avoir découvert qu'il existait un bateau suspendu dans les arbres sur un îlot lointain, les deux amis décident d'emprunter le bateau du père d'Ellis sans autorisation pour se l'approprier. Arrivant sur place, Ellis découvre des traces humaines : quelqu'un vit ici. Ils rencontrent en effet Mud, vagabond à l'allure douteuse, qui leur demande de le ravitailler quelques jours, le temps qu'il retrouve une amie, Juniper. Ellis accepte et s'attache au fil des jours à Mud, découvrant peu à peu sa face cachée.. Film de caractères, régulièrement comparé aux livres de Faulkner, Mud est rempli de situations psychologiques où les rapports humains sont forcés, voir tendus. La tendresse qu'éprouve Ellis pour cet idéal romanesque qu'il souhaite incarner se comprend à travers les yeux de l'enfance : en effet, ce "clochard céleste" semble être le parfait héros pour un jeune garçon en opposition avec la vision pessimiste de l'amour de son propre père.

Il s'agit bien ici d'un récit globalement mené à travers les yeux d'un enfant. L'enfance, au centre du récit, se dirige de plus en plus vers la fin de l'innocence le long du film, aboutissant à le nouvel envol accompli par Ellis dans les scènes finales. Avec l'aide qu'il va fournir à Mud, le jeune garçon et son ami Neckbone vont être confrontés à l'amour, au mensonge, à la désillusion, et la foi, toujours présente. Cette foi est celle que les personnages ont envers les gens, l'amour et envers les belles choses de ce monde. Avec Mud, Jeff Nichols interroge tout le pouvoir de croyance de son pays, des plus petites aux plus grandes. Il n'est pas ici question de foi religieuse, mais de mysticisme (qu'on retrouve dans le film symbolisé par des rites ou des reliques adorées). Le récit ne devient jamais trop pessimiste, au contraire : en s'accrochant à la vision de cet enfant qui continue à croire en Mud et en sa ville et ses habitants, le film aboutit à une ouverture lumineuse, loin de ce qu'on pourrait attendre en suivant le déroulement.




Le fleuve du Mississipi apporte une dimension symbolique à ce remarquable récit d'initiation : le bateau dans les arbres, la traversée vers l'île, la fosse aux serpents, l'ouverture vers l'océan de la liberté.  Pur espace symbolique et pur lieu de cinéma, le fleuve, l'espace aquatique en général, marque le temps qui passe inlassablement. C’est par-delà une ligne d’horizon lourdement dramatisée que se trouve l’îlot, de même que la liberté finale de Mud. Les espaces ainsi délimités par cette barrière naturelle viennent trouver une fonction précise dans le récit, chacun réservant aux personnages un type particulier de rencontre ou d'événements.
Personnages de solitude mais foi commune en l'avenir et en l'humanité, Mud et Ellis se retrouvent plus proches encore après leur séparation.


samedi 4 mai 2013

Royal Affair

Royal Affair, de Nikolaj Arcel.



Coup de coeur en vue !

Danemark 1770. Le pays accueille la nouvelle femme du roi, Caroline Mathilde. Au même moment, ledit roi se trouve assigné un médecin attitré, Johann Friedrich Struensee. La passion secrète que voue la reine au médecin va changer à jamais le destin de la nation toute entière. Royal Affair relate une page capitale de l’histoire danoise, oubliée des manuels français. Relation amoureuse mais avant tout intellectuelle, l'idylle se retrouve vite frappée par l'orage. Les deux amants, adeptes des philosophes des Lumières, profitent de leurs positions sociales pour tenter de réformer le pays : renversement de l’ordre social établi, et annonce des révolutions qui embraseront l’Europe quelques décennies plus tard.

Film inspiré d'un roman de Per Olov Enquist intitulé La visite du physicien royal, Royal Affair s'attarde donc sur un événement tout à fait réel de l'Histoire danoise. Cet événement inspira un autre livre, plus érotique, sur la relation entre les deux amants : Prinsesse af blodet de Bodil Steensen-Leth. Celui-ci narre l'histoire du point de vue de la reine, Caroline Mathilde. Le film pointe donc en avant les perspectives de ces deux ouvrages, de façon combinée, pour aboutir à un film mêlant la relation adultère et l'Histoire de la révolution ratée d'un pays.


Et en effet, on est tout d'abord fasciné par la qualité de la reconstitution historique. Rappelons-nous des films à froufrous en tout genre qui se réalisent de plus en plus actuellement (Pride and Prejudice, The Duchess, Les adieux à la reine, Les fantômes de Goya, ..) mais qui n'égalent pas un Barry Lyndon, il faut bien l'admettre. Nikolaj Arcel va pourtant s'en rapprocher, avec des techniques, une esthétique et - à défaut d'un réalisme pointilleux - un choix impeccable d'acteurs principaux. Mads Mikkelsen, si tu m'entends, je pense à toi tout particulièrement. Ainsi qu'à Mikkel Boe Folsgaard, roi fou et sans limite, tout à fait dissonant dans ce 18ème siècle de la bourgeoisie, de la raison et du romantisme quasi-précieux du siècle des Lumières. On peut, ceci dit, trouver la représentation faite de Struensee un poil trop idéalisée de temps à autres, en tant que grand homme de raison sans faille - j'ai tendance à croire qu'il s'agit là d'un point de vue interne à la reine, aveuglée par son regard d'espoir tout autant que d'amante. 





Au-delà de l'aspect romantique du couple d'amants à l'écran, il faut regarder l'aspect historique et politique. Ce fait de l'Histoire danoise a fait l'objet d'une quinzaine de livres, d'un opéra, un ballet et il est même enseigné à l'école. Bien que n'étant pas l'aspect principal du film pour certains spectateurs, je pense qu'il vaut tout le temps qu'on peut passer à s'y intéresser de plus près et c'est en cela que l'affiche française ne me semble pas représentative du film. Ce regard joint de couple dansant... ce n'est pas tout. L'Histoire s'immisce, la politique vient séparer d'un bras de fer les personnages, fussent-ils amants ou non. Les idées des Lumières sont un poil idéalisées, peut-être puisque le temps de s'exporter de la France au Danemark, les propos se sont gonflés et les esprits ont adopté des idéaux qui les dépassaient ; si la liberté de commerce fut à cette époque le cœur des troubles politiques, on ne nous présente ici que sa pure façade, les droits de l’homme. En ce sens, les personnages principaux se rapprochent tous d'une certaine folie, même le plus raisonné d'entre eux. La santé mentale du roi ne fait plus aucun doute, mais Struensee manque de raison dans son élan des Lumières, et sombre dans une "folie" dans son emportement d'idées libératrices qui ne peuvent mener à rien de façon aussi excessive et rapide.

PS : Si vous aimez Mads Mikelsen, je vous conseille la toute nouvelle série Hannibal. C'est un Amour.

vendredi 26 avril 2013

Le sport facilement ? C'est possible.

Le sport facilement ? C'est possible.

Voilà plus de deux ans que le sport avait lâché mes habitudes. L'obtention du BAC est aussi synonyme d'arrêt de beaucoup d'activités, souvent liées au lycée : les plateaux du self-service qui glissent, les verres qui tombent, les pauses midis dans la cour à réviser rapidement son devoir de mathématiques, ... et l'EPS. Presque aucune activité physique depuis deux ans. Il fallait que ça cesse. J'ai bien essayé de regarder pour m'inscrire dans des salles de musculation (mais trop cher), de trouver des écoles de danse (même soucis), de me mettre à faire du jogging dans le parc proche de chez moi (mais la motivation s'échappe), de prévoir des exercices quotidiens du type "aujourd'hui, 30 abdos, 10 pompes et 10 minutes contre le mur les genoux pliés" mais même cette routine de fainéant ne fonctionnait pas plus de trois jours.
Puis, le miracle.



Blogilates est un site Internet tenu par Cassey Ho, enseignant la méthode pilates aux Etats-Unis. Il permet de trouver tout ce qui peut intéresser quand on essaie de se remettre lentement au sport. Comment commencer ?

Rendez vous sur le site ( http://www.blogilates.com/ ) et cherchez dans les workout videos ce qui vous conviendrait en premier : les vidéos de routine pour débutants ou les vidéos pour travailler une partie particulière du corps dans le body focus. Et c'est parti pour une vidéo tous les deux jours, environ 10 minutes d'activité physique plus intense que la marche à pied. Bien sûr, il faut s'y tenir : les premières semaines seront dures, le temps de s'habituer à reprendre le rythme. Alors autant commencer avec des petits exercices.

Une fois que le réflexe est pris, augmentez la dose ! Une demie-heure tous les deux jours. Re-déterminez les vidéos qui vous conviennent. Pour ma part, je suis simplement allée visiter la page youtube pour regarder les vidéos récentes et tester de nouveaux enchaînements. Pour le faire en s'amusant sans trop avoir l'impression de ne pas voir le temps passer, essayez de faire une ou deux POP Song Challenge !

Et si vous voulez encore en faire plus pour un corps vraiment sculpté, vous pouvez vous abonner à la newsletter pour suivre les instructions du calendrier établi par Cassey Ho, mêlant les exercices physiques à faire, des repas sains pour le corps, les jours de repos pour ne pas épuiser ses muscles... Je pense qu'il faut désirer maigrir fortement ou choisir d'avoir un corps en pleine santé et très musclé pour suivre ce calendrier à la lettre, puisqu'il y en a pour environ une heure de workout intensif. Mais rien n'empêche de s'inspirer des exercices deux ou trois jours dans la semaine pour équilibrer les exercices.

J'espère que cela pourra fonctionner pour vous si vous désirez vous y remettre. C'est vraiment agréable de sentir ses poumons crier pour se dire que finalement, la cardio fait travailler la respiration. Comme il est agréable de voir ses cuisses rougir puisqu'elles travaillent enfin et que l'énergie se dépense et le sport rend serein !

Legally Blonde (2001)

dimanche 21 avril 2013

38 témoins

38 témoins, de Lucas Belvaux




"Sous un prétexte policier, Lucas Belvaux propose une réflexion sur la lâcheté, prenant le public à témoin." - Les Fiches du Cinéma

Alors que Sophie rentre chez elle d'un voyage en Chine, la femme découvre que sa chère ville du Havre a été touchée par un événement funeste. Au sein de son quartier de résidence, un assassinat violent. Tout le quartier interrogé semble n'avoir rien entendu. Son propre mari, Pierre Morvand, resté au Havre lors de son voyage, semblait s'être absenté pour travailler ce soir-là. L'évidence s'impose pourtant après quelques minutes dans le film : ce silence n'est pas net.

[Spoilers à venir.]

Premiers plans impeccables. La beauté, la mesure, l'efficacité des images et des sons est terrifiante. C'est peut-être le moment le plus esthétique du film. L'ambiance se pose sans la moindre hésitation. Les rues droites du Havre, les bâtiments en béton et le sang explosé sur le bitume sont des juges implacables. Qui meurtrissent d'avance autant les témoins que le spectateur.

38 témoins, 38 personnes qui n'ont rien fait pour sauver cette femme qui cherchait de l'aide. 

Ce film, réflexion sur la lâcheté et la culpabilité qui en découle, chez les témoins, chez la femme de Pierre, chez la journaliste, chez le policier, chez les spectateurs - surtout. Tous, liés sous l'étendard sombre du manque de courage. Beaucoup de critiques sur la sphère Internet trouvent un côté très moralisateur à ce film, semblant leur souffler à l'oreille "La lâcheté est un vice !" ; je n'ai personnellement pas vu un jugement de la nature humaine, mais plutôt une constatation. Le maître de justice semble le seul à poser son oeil expert sur l'histoire : "Vous allez apprendre que les hommes sont lâches. [...] Il n'y a rien à comprendre." (citation de mémoire, puisque l'extrait est introuvable... j'espère ne pas me tromper)

Nous mettre face à ce que l'on se cache. Voilà ce que ce film devrait faire ressortir. Pour cela, la scène quasi-finale de la reconstitution et les cris insoutenables sont particulièrement efficaces. Prenant le spectateur par l'horreur, par les tripes qui s'arrachent à travers les tympans. 



Tous témoins : ici, d'un crime, mais au quotidien, des injustices et des horreurs. Est-ce à blâmer ? Oui et non. Pointer du doigt les "lâches" n'est pas le but du film ; cela demanderait trop de doigts. Pas toujours très pointilleux et précis, mais définitivement une prenante découverte.

Avez-vous un film à me conseiller ?

vendredi 19 avril 2013

Mange des bananes, ça te sauvera peut-être la vie !

Mange des bananes, ça te sauvera peut-être la vie !

Ce fruit, venant à l'origine tout droit de l'Asie de l'Est, est mon péché mignon. Contrairement à beaucoup de populations qui en mangent par défaut, j'avoue en rougissant pouvoir en manger des grappes entières sans fléchir. Et bien au-delà de son goût qui me ravit l'estomac, la banane est extrêmement bonne pour un grand nombre d'organes dans le corps. Don't you believe me ?


1. La banane contient trois sucres naturels : sucrose, fructose et glucose. Ces trois sucres permettent un boost quasiment instantané d'énergie, tout en enrichissant ton énergie sur le long terme. Manger deux bananes suffit par exemple à vous donner assez de force - à défaut de courage - pour votre workout d' 1h30. 

2. La banane contient du tryptophane, une protéine qui provoque, entre autres, la relaxation. Certaines personnes souffrant de dépression considèrent se sentir un peu plus heureux, dans un meilleur état d'esprit, après avoir manger le fruit divin ! (Évitez tout de même de manger dix kilos de bananes par jour, car le tryptophane peut provoquer des problèmes au foie et aux muscles lorsque le corps en possède trop dans l'organisme). De même, la banane contient aussi de la vitamine B qui calme le système nerveux.

3. La banane contient des vitamines, dont la vitamine B6, qui régule naturellement la quantité de glucose dans le sang : merci Banana de me donner un corps en bonne santé, qui souffre d'accès de gloutonnerie ! 

4. La banane contient beaucoup de fer, ce qui aide à réguler l'hémoglobine, notamment en cas d'anémie : le fruit stimule ainsi la production d'hémoglobine dans le sang, fixant mieux le dioxygène dans les poumons. Remerciez une fois de plus Banana pour vous donner la possibilité de mieux respirer ! Plus besoin de manger des épinards pour se sentir comme Popeye, plus fort et plus vigoureux.

5. Le potassium permet de rendre les personnes plus alertes et de rendre le cerveau plus réactif. Et, ça va paraitre fou - ou pas - mais la banane contient beaucoup de potassium ! Suis-je la seule à me rappeler de la scène de Chérie, nous avons été rétréci où Jenny doit trouver du potassium dans une banane pour...? Aïe, ma crédibilité en prend un coup avec cette référence.

6. Les bananes dans votre régime alimentaire permettent de restaurer la sérénité dans votre système digestif grâce à la fibre qu'elles contiennent. Plus de constipation, plus de laxatifs.. et meilleur qu'un Activia !

7. Remède miracle à tant de problèmes de santé, la banane est aussi une recette de grand-mère contre les lendemains de soirée difficiles. Milkshake banane-miel, voilà de quoi calmer l'estomac (dois-je rappeler le point précédent ?) tout en remettant du sucre dans le sang avec l'aide du miel et en réhydratant votre système avec le lait.

8. Conseil beauté : l'intérieur de la peau de banane est réputée pour soigner et réduire l'irritation provoquée par les piqures du moustique. Mais pas seulement : la même peau rend les dents plus blanches. A gratouiller pendant une quelques secondes sur vos dents, laisser poser une minute et nettoyer avec de l'eau ou un tissu. Non, non, rendons à la banane ce qui revient à la banane !

La pomme semble être en France le fruit-miracle pour beaucoup de personnes : laissez-moi en douter. La banane en a quatre fois les proténes, deux fois les carbohydrates, trois fois le phosphore, cinq fois la vitamine A, cinq fois le fer, ... Alors maintenant, pour votre snack de la journée, keep calm and have a banana.

(Article inspiré de Vegan Movement 2012 et de mon amour pour la banane.)

mercredi 17 avril 2013

Les filles du botaniste, Dai Sijie

Les filles du botaniste de Dai Sijie


Dans les années 80, la Chine ressemble déjà socialement à son engeance actuelle. Min, jeune orpheline, se retrouve un jour acceptée pour un stage chez un botaniste de renom dans une contrée lointaine de la sienne, sur île, devenue jardin précieux ou jungle abondante. Cet homme érudit en matière de plantes en tout genre est très autoritaire, envers sa stagiaire, ses élèves et même sa propre fille, An. La belle et solitaire An se rapproche vite de la nouvelle arrivante en sa demeure. Mais elle n'est pas la seule enfant de la famille : bientôt, son frère revient du champ de bataille et tombe sous le charme de Min et décide, avec l'aide du père, de l'épouser.

On le devine facilement, les deux jeunes femmes vont se lier plus qu'il est convenu dans le monde rempli de tabous des années 80 dont nous ne sommes pas encore tout à fait sortis. Au-delà de la formation de ce couple homosexuel qui ne sait comment s'assumer aux yeux du grand public, ce film fut un énorme coup de coeur. Beaucoup de films traitent ce type d'histoires et c'est justement tout ce qui le différence de ceux-là qui l'élève à mes yeux.
La réalisation typiquement chinoise. Le calme qui s'échappe des gestes des différents personnages. La bande-originale langoureuse comme un voile de coton. Les univers visuels asiatiques sont vraiment, de très loin pour moi, préférables aux occidentaux. Bien que le film se déroule en Chine, le film fut tourné au Vietnam (ai-je besoin d'expliquer les raisons du refus chinois pour la réalisation d'un tel film ?) Mais le lieu n'est pas le point central. Dai Sijie explique lui-même :

« L'important tient dans les rapports qui lient les personnages. Même les rapports entre Cheng An et le botaniste sont très classiques : elle ne peut pas quitter son père ni son jardin. Lui le sait et s'en sert. C'est là une autre forme d'amour, de l'amour filial, que l'on rencontre dans toutes les sociétés et à toutes les époques. »


Le film va donc développer les relations entre les personnages -et non pas seulement entre les deux amantes- , dans une atmosphère de sérénité et pudeur asiatique mêlée à une sensualité féminine en accord avec les nombreux et magnifiques paysages qui encadrent et pointillent le long-métrage.


Qu'en avez-vous pensé, si vous l'avez vu ? Auriez-vous d'autres films à me proposer dans ce genre ou un autre ? Devenant peu à peu amatrice de cinéma, je suis vraiment intéressée par plus de découvertes en tout genre ! 

mardi 16 avril 2013

The Artvertiser, Julian Oliver

The Artvertiser de Julian Oliver

« La publicité, c'est la plus grande forme d'art du XXème siècle. »

Marshall Mc Luhan

Source : http://turbulence.org/blog/2011/04/26/artvertiser-helsinki/

Les rues de Paris vous invitent à sentir un nouveau parfum à la robe sombre et veloutée, les bus new-yorkais vous proposent un verre de Coca-Cola, les passants à Berlin vous demandent de regarder la marque de leurs vêtements en les exhibant fièrement. Chaque jour, une personne voit ou entend entre 350 (en ne comptant que les médias) et plus de 10 000 (hors média, sponsoring compris) publicités par jour et par personne - selon les différents estimations. Et ce chiffre continue d'augmenter année après année, à travers le poids de plus en plus important que prend Internet et son usage dans notre quotidien.

Et si nous suivions à la lettre les préceptes du si grand Mc Luhan ? Faire de la publicité la plus grande forme d'art de notre époque. C'est ce que pourrait finir par obtenir Julian Oliver grâce à son projet de réalité améliorée, The Artvertiser.

Le fonctionnement en est bien simple : muni de binoculaires ou de son simple téléphone portable équipé qu'une caméra, le passant lamba d'une grande ville peut observer, à l'endroit où se trouvent habituellement les publicités envahissantes des grandes places urbaines, de l'art. Le dispositif superpose une image virtuelle à une autre bien réelle. Pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt ?


Source : http://theartvertiser.com/

Le dispositif est souvent désignée sous l'appellation « réalité augmentée » par les médias et critiques, de par son procédé. Pour autant, Julian Oliver met un point d'honneur à rectifier cette erreur dès qu'il le peut : pour lui, The Artvertiser est une œuvre de « réalité améliorée ». La distinction est importante : là où la réalité augmentée désigne un « superposition d’éléments 2D ou 3D du monde virtuel sur la vision du monde réel telle que nous la percevons » (définition de Arthur Hascoet, « La réalité augmentée, le futur de l'information », ESSCA), la réalité améliorée a la capacité de remplacer un modèle par un autre dans le but de lui conférer de nouvelles propriétés, meilleures que les anciennes. Comme disait l'artiste à Rotterdam en 2010, « il est très important de ne pas confondre l'outil [la réalité augmentée] et le but [la réalité améliorée] ».
Puisque nous avons désormais l'habitude de vivre avec des panneaux publicitaires au quotidien, nous avons tous plus ou moins accepté ces espaces comme des choses naturelles : la publicité massive devient une évidence, principalement dans les grandes métropoles. Or, Julian Oliver y voit une cause possible d'inquiétude. Et la réalité améliorée que propose The Artvertiser est là en partie pour pallier cette préoccupation de la passivité des citadins et de cette habitude qu'il considère comme dérangeante à la publicité de grande ampleur. Elle se propose d'engager le public, de le faire participer et réagir dans son espace public. En donnant un nouveau but aux publicités urbaines et en en faisant un lieu d'exposition artistique, ils transforment le « only read » en « read and write » : l'image publicitaire, au lieu d'être simplement perçue de façon plus ou plus minutieuse, est désormais analysée, transformée et devient une plateforme possible de présentation d'art par chacun dans l'espace public. Le rapport a la publicité est tout autre, complètement changé à court et peut-être long terme. The Artvertiser permet donc de provoquer la réflexion vis-à-vis de la publicité mais aussi et, de façon peut-être plus subtile, de l'espace public qui n'est plus vraiment le sien.



Les intérêts privés attaquant à coups de griffes acérées l'espace public, à valeur participative de chacun, ne fait que renforcer un certain polissage des moeurs : que faire dans la rue, qu'exposer de soi ? Quelle liberté ? Attention ! ne pas écrire sur les abri-bus, ne pas afficher sur les murs, et surtout .. ne pas s'exprimer sans l'accord d'une autorité. Voilà les réflexions qui semblent se poser à la vue d'un dispositif qui tente de réactualiser un espace qui n'appartient plus qu'aux institutions immatérielles et autoritariales.

Superposition regard naturel et regard virtuel.

Loin d'être parfait, The Artvertiser ne propose qu'une déambulation, dans les grandes métropoles urbaines hyper-développées, entre les différentes nouvelles oeuvres proposées pour critiquer les publicités et cette masse de promotion et de communication intéressées. La participation du citadin n'est au final que purement réflexive : comment vérifier que le questionnement prolifère, qu'une remise en question de l'espace et de la liberté dans cet espace qui appartient à tous et non pas à chacun se fasse ? Errant entre les nouvelles annonces et images, le musée de la ville ne reste qu'un musée comme un autre ; une exposition critique et marginale dans un flot d'hégémonie normalisée.

jeudi 17 janvier 2013

Tonio Kröger - Thomas Mann

Après un mois à penser à ce projet, il me semble qu'il est enfin temps de le mettre en œuvre. Recenser mes lectures de l'année et surtout - n'est-ce pas le plus intéressant ? - les faire partager, résumé, opinion et citations comprises. J'ai maintenant un mois de livres à rattraper et, les vacances n'aidant pas, me voilà avec une dizaine d'ouvrages à recenser sur le blog. Le premier étant 

Tonio Kröger de Thomas Mann


La famille Mann. Heinrich, Klaus, Erika...Tous écrivains. Le don se passe de père/mère en fils. L'envie, aussi. La façon de vivre l'art, surtout. Et c'est certainement ce qui m'a le plus marqué dans cet ouvrage, reconnu comme en grande partie autobiographique qu'est Tonio Kröger : cet aspect dramatique du monde humain. Se sentir proche sentimentalement du protagoniste, et croiser ses doigts et tirer des jupes en même temps que lui.
Selon Wikipedia, le texte se divise en deux parties : Tonio, enfant-adolescent, voue une fascination pour deux de ses camarades à qui tout l'oppose, puis adulte lors de son retour vers ses terres d'origine où ils retrouvent, sans préavis, ces deux amis d'enfance après des années sans se voir. Me voilà en désaccord. Le pivot de ces deux parties, une discussion vibrante avec une de ses amies de Munich où il s'est rendu à l'âge adulte, me semble être une partie en soi. Si ce n'est la meilleure, ou la plus vivante et vraie.
Tonio Kröger, pris comme une nouvelle autobiographique, nous en apprend beaucoup sur la vie et les obsessions de son auteur - obsessions que l'on retrouve dans d'autres de ces œuvres. J'en profite pour rendre hommage à un ami qui porte haut dans son coeur un film tiré d'une nouvelle du même Thomas. Mort à Venise, du même titre que le texte, de Visconti. You gotta check dat. Les troubles de la sexualité, la mélancolie omniprésente, l'art comme point central de la valeur humaine, ...
Avoir débuté l'année sur cet ouvrage fut un bon présage littéraire, mais un terrible présage si je dois en déduire une mélancolie crevante. En espérant une douce aurore pour l'année, je vous laisse avec l'un de mes passages favoris de l’œuvre :

"J'aimerais dormir, mais tu dois danser." Il le connaissait si bien le lourd sentiment d'une septentrionale mélancolie et d'une malhabile profondeur qui s'exprimait dans ces mots. Dormir....Aspirer à vivre simplement et pleinement pour le sentiment qui, doux et paresseux, sans être obligé de se convertir en action et en danse, trouve sa fin en soi, et cependant danser, être forcé d'exécuter, avec habilité et présence d'esprit, cette difficile, difficile et dangereuse danse de l'art, sans jamais oublier complétement combien il est humiliant et absurde de danser alors qu'on aime. 

Que pensez-vous de cette rubrique ? J'ai très envie de faire de ce blog un recensement et un répertoire d'avis sur différents objets culturels (livres, films, artistes, jeux vidéos...). Si vous avez des avis ou des conseils, je suis toute ouïe !